26. Le FAMAS
Notre section, les uns derrière les autres mais « sans idée de manœuvre » – c’est-à-dire sans marcher au pas – se dirige vers un lieu du régiment qui nous est encore très largement inconnu, là-bas du côté des hangars. C’est le quartier Pelleport, où, dans quelques mois, il nous sera donné d’assurer des services de garde. Chacun d’entre nous porte à la main son FAMAS – Fusil d’Assaut Manufacture d’Armes de St Etienne. Suite aux cours magistraux, et aux exercices pratiques, nous le connaissons par cœur. Sa longueur, son poids – chargé ou non chargé, son calibre, la vitesse d’éjection de balles – un effarant 960 mètres par seconde. Nous l’avons démonté, remonté des dizaines de fois, huilé, graissé, nettoyé, admiré pour sa complexité mécanique, craint pour l’étrange texture du métal froid qui le constitue. Mais il n’est resté pour nous qu’un objet inerte. Nous n’avons encore jamais tiré avec. Dans nos mains, il n’a été qu’une étrange sculp...